TAKFARINAS

AKFARINAS

Tixeraïne est un lieu-dit perché sur les hauteurs d’Alger où le peuple kabyle a élu domicile. Kabyle entre les kabyles, Takfarinas s’est épanoui au sein d’une famille de musiciens. Premiers doigtés raffinés sur une guitare qu’il s’était façonné lui-même puis prise de confiance sur un mandol électroacoustique, dans Yal, il s’équipe d’un mandol électrique demie-caisse à deux manches par souci d’avoir une mixité des couleurs. A la fin des années 70, Takfarinas se produit à Alger en interprète caméléon et réalise ensuite sa première maquette. En 1980 il est à Paris et assure la première partie d’Idir à l’Olympia. La situation politique s’envenime en Algérie et Takfarinas ainsi que de nombreux artistes sont contraints de quitter leur patrie. C’est alors qu’il va conforter son appartenance par l’entremise de la création musicale au sein de la capitale française. Il va inventer un nouveau type de langue véhiculaire emprunté au chant kabyle traditionnel et lui donne le nom de son précédent album : « Yal » en référence au rythme syllabique qui ponctue ses refrains. L’âme ancrée dans le pays de ses ancêtres mais l’esprit nourri de son exil, il sait entremêler harmonieusement folklore oriental et acoustique occidentale. Cette compilation se veut concentré d’un parcours honorifique et portrait de celui qui sut d’Autre devenir Professeur : cet art de la transmission des richesses archaïques venues d’Ailleurs s’illustre dans les 14 titres choisis parmi les 11 albums auxquels il a donné vie. Des paroles qui chantent le devoir d’espérer, le déchirement mais surtout le bonheur et l’amour…