Cesaria EVORA

Cesaria EVORA

C’est une morna alanguie qui ouvre l’album et lui fait don de son titre, un thème au violon signé Lela de Maninha. Sao Vicente pour l’île natale de Cesaria, di longe littéralement vu de loin pour la nouvelle exploration musicale de celle qui a débuté sa carrière dans les bars de Mindelo, décriée par la bourgeoisie locale pour son affranchissement naturel.Cesaria est devenue une véritable aventurière récoltant au gré de ses points d’amarrage des pollens exotiques qu’elle a appris à greffer sur ses propres racines. Esperança irisada use des batas, percussions cubaines ; Linda mimosa résulte d’un métissage espagnol et capverdien interprété par l’ensemble Orquesta Aragon, Regresso, inspiré d’un poème d’Amilcar Cabral ressuscite le duo Cesaria / Caetano Veloso et Negue, standard brésilien est illustré par le pianiste cubain Chocho Valdès. Sao Vicente di Longe se veut simultanément terre ancestrale et nouveau monde ; les emprunts se révèlent au sein d’une morna de Teofilo Chantre, Bondade e maldade qui revêt des allures de gospel, au sein de Nutridinha qui offre une coloration zookée à la coladera initiale. Dans Tiempo y Silencio, Cesaria se voit donner la réplique par Pedro Guerra sur les coups d’archet du violoncelle et les arrangements pour cordes de l’illustre Morelenbaum. Enfin la houle intérieure en rythme avec les flux et reflux de la mer sur les plages du Cap-Vert trouve son expression la plus juste dans Crepuscular solidao, morceau révélateur de ce qui caractérise Cesaria Evora : la mélancolie sublimée.